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Diaporama : Portraits de notre vieille France

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Dans Le Café du Pont, Manuel Poirier raconte l'enfance du chanteur français Pierre Perret, passée dans une famille modeste mais aimante. Un retour à l'insouciance et aux errances de l'enfance donc, mais également une ode nostalgique à cette bonne vieille France souvent portée à l'écran. Zoom.



Diaporama : Portraits de notre vieille France
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Dans Le café du Pont on atterrit en 1947, dans le sud-ouest de la France. Directement adaptée des mémoires de Pierre Perret, on retrouve au menu de cette oeuvre, petits bérets, parties de pêches insouciantes, blouses noir d'écolier et petit troquet modeste et familial où se retrouvent ouvriers et mariniers. Tout y est pour rendre nostalgique d'une époque quasi magique qui nous chuchote "c'était mieux avant", du moins, "c'était le bon temps".

"Douce France…"
…chantait Trenet. Un air qui pourrait bien illustrer ce qui se passe dans une partie du cinéma français, rendant hommage depuis quelques temps, à "ce cher pays de notre enfance", même si la plupart ne l'ont pas connu tel quel. Des hommages fleuris à notre France profonde et aux années d'après guerre, le cinéma en regorge. Il y a ceux pour qui cette période est un souvenir merveilleux, sorte de neverland parti avec l'enfance, éternellement embellie. Et puis il y a ceux qui la voient juste comme elle est (notamment le courant de la Nouvelle vague).

Le contexte est le même : fin de la guerre, la société est libérée, mais en reconstruction. C'est la IVème République, marquée par des grandes mutations politiques, sociales et culturelles. Face à ça, dans le cinéma, on note deux grandes visions d'une France du passé, deux regards portés sur cette partie de l'Histoire française riche en bouleversements.

Les Choristes de Christophe Barratier, directement inspiré de La Cage aux rossignols de Jean Dréville (1945) rentre complètement dans la première catégorie, avec son esprit bon enfant de camaraderie franchouillarde. Tout comme les films de Jean Becker (Les Enfants du marais, La Tête en friche), et la saga des Pagnol (La gloire de mon père, le château de ma mère). Jean-Pierre Jeunet aussi dans ses films bricolés à l'ancienne chargés de bibelots rétro est le digne héritier de ces odes à la Vieille France, à la fois poétique, naïve et enfantine (Le fabuleux destin d'Amélie Poulain). Ça sent la bonne vieille France des années 50, la baguette chaude, les balades à vélo sur un air de musette. Ce que Truffaut a appelé la "qualité française" (art du studio, de l'adaptation littéraire "en costumes", du scénario et d'une mise en scène souvent académique).

Une autre vision du vieux Pays
Face à ce portrait d'un pays un peu "lissé", certains se sont soulevés, interrogés. En ouvrant le grenier des souvenirs enfantins, n'alimente-on pas un fantasme d’une France nostalgique avec des images poliment patinées (des gueules d'anges des gamins, accent des paysans, vieilles voitures ou pendules jusqu'à la porte de la grange qui grince et les champs de blé plus jaune que jaune) à la limite de la carte postale ? Créer un climat d'innocence dont la beauté éveille chez le spectateur une envie de redevenir un enfant, oui, mais à quel prix ?

Dans Le temps des porte-plumes, Daniel Duval a voulu évoquer son enfance et ses épreuves sans doute pour mieux comprendre qui il est et ainsi exorciser certaines choses. Mais ne vaut-il pas mieux donner de l'essence aux personnages que de trouver la lampe 19ème parfaite ?
A contrario, dans La Maison des bois, Pialat se contente de filmer ce qui est, d’observer les gosses jouer dans la nature, rejetant les bibelots omniprésents et souvent inutiles. Avec les films d'Eustache, c'est comme si on prenait sa voiture et qu'on se promenait de villages en villages, dans la banlieue, la vie modeste. Pas besoin d'emballage "à l'ancienne" pour y croire. Idem avec Chabrol, comme avant lui Renoir et les impressionnistes. La sensation plutôt que l'étalage de brocanteur.

Mais après tout, tout est question de goûts et d'attentes. Pour certains les détails réveillent le souvenir, pour d'autres ce sera la lumière d'un soir d'été ou l'odeur d'un café chaud. Car l'insouciance, réelle ou fantasmée, parfumée ou authentique, ça a parfois du bon, non ?
© Cityvox


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Le Café du Pont

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Le fabuleux destin d'Amélie Poulain

Le temps des porte-plumes

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