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Comment as-tu découvert le rap ? Avec quels artistes as-tu grandi ?
J'ai découvert le rap en 1989 grâce à Public Enemy. J'avais 14 ans, j'ai allumé la télévision et j'ai tout de suite été concerné par ce que cela représentait. Même si je ne comprenais pas les paroles, je me suis dit que c'était cela que je voulais faire. Je ressentais un parallèle entre ce que Public Enemy défendait, à savoir la cause noire, et le racisme à Marseille. Je suis aussi arrivé dans la culture hip-hop par le tag, le côté contestataire me plaisait. Et puis, évidemment, il y a eu IAM en 1991 qui m'a énormément influencé. Mais je ne pensais pas forcément faire carrière.
Quel était ton parcours avant de composer ?
J'ai passé un Bac S puis j'ai suivi des études supérieures en sociologie. Les études de comportement et le rapport à l'individu m'intéressaient beaucoup. Voyant que, malgré tout, cela ne débouchait sur rien, j'ai passé un BTS Commercial avant de devenir éducateur sportif. Mais comme je voulais continuer à faire de la musique, j'ai réussi à trouver une opportunité à la Poste où je suis devenu facteur. J'ai pu alors m'aménager du temps pour me consacrer à l'écriture... Tous ces univers-là possèdent tout de même un point commun : la population. Je pense que j'étais fait pour aller vers les gens.
Pop Art Lyrical ressemble à tout sauf à un album de rap. Comment en es-tu arrivé à ce collage sonore ? Travailles-tu d'abord ou la musique ou les textes ?
Les deux. Il n'y a pas de règles. Souvent je pars de la musique parce que c'est elle qui dicte l'émotion et, selon l'émotion ressentie, il y a de la colère, de la tristesse, de l'humour, de la joie, de l'ironie. C'est le quotidien et le monde d'aujourd'hui qui oriente la direction de l'écriture. C'est pour cela que j'essaye de coller des textes sur des images : même si je veux que ma musique soit intemporelle, je me pose en témoin de ma génération autour de faits de société et de l'individu.
Penses-tu que le hip-hop se doit d'être essentiellement citoyen ?
Chacun se fait sa propre définition mais je pense que le rap doit être contestataire. Cela peut passer par la violence des mots. Moi j'ai choisi un côté plus posé parce c'est ce que je suis. Il y a des choses qui me dérangent mais, plutôt que d'envoyer des pavés, j'écris et je tente de faire passer des messages. Beaucoup de rappeurs aboient mais, finalement, ne mordent pas tant que ça. Donc ce n'est pas parce que tu cries plus fort que tu auras raison ou que tu te feras mieux entendre.
Un thème important qui sous-tend l'album de bout en bout est celui de la liberté. Penses-tu qu'elle soit possible ?
La liberté est possible. J'écris pour m'exprimer et pour être libre. Il y a des pays où ce n'est pas possible. Mais quand tu as les moyens de t'exprimer, tu peux tout faire.
L'album Pop Art Lyrical (Open your minds) est disponible depuis le 24 mai.
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