
![]() Agrandir la photo |
Une caméra d'or
Baigné dans le cinéma grâce à une mère critique de cinéma, Jim Jarmusch quitte son Ohio natal pour débarquer à New York. Tenté par un cursus littéraire, le jeune homme fréquente les bancs de la fac de Columbia avant de s'atteler véritablement à sa passion du 7ème art après un passage à la Cinémathèque de Paris. Son film d'études, Permanent vacation, mise déjà sur les fondations d'une œuvre en devenir : personnages en errance, singuliers, marginaux et à la recherche d'un idéal qui ne cesse de fuir. Très remarqué pour sa photographie composée en noir et blanc, Jarmusch remet le couvert avec Stranger than Paradise, prolongation de son film précédent qui récolte la Caméra d'Or au festival de Cannes en 1984.
Autour de la marginalité
Par la suite, à l'orée des années 90, le réalisateur va faire ses preuves dans un cinéma indépendant qui décline quelque peu. Avec peu de moyens mais beaucoup d'idées, et surtout à l'aide de grandes figures telles que Gena Rowlands, Tom Waits, Winona Ryder, Steve Buscemi ou un Robert Benigni débutant, Jarmusch se fait un nom et une belle réputation d'auteur. Ses films à sketches (Mystery Train, Night on Earth, Coffee and cigarettes) séduisent la critique pour ses portraits d'une autre Amérique, celle des paumés et des citoyens de seconde zone. Pas étonnant que ce regard ait séduit le chanteur Neil Young à qui Jarmusch consacre Year of the horse, hommage documentaire autour de l'icône folk.
Eloge de l'errance
Car la musicalité est au coeur de l'œuvre du cinéaste. Passerelle immédiate pour transcender les différentes ambiances instaurées tout au long de ses films, la musique permet surtout de véhiculer l'errance émotionnelle qui porte tous les personnages dessinés par Jarmusch.
Ainsi, Neil Young insuffle une puissance onirique aux déambulations de Johnny Depp dans Dead Man (1995) ou RZA (du groupe Wu-Tang Clan) traduit mieux les dialogues l'énergie mutique de Forest Whitaker dans Ghost Dog, la voie du samouraï (1999). Broken Flowers n'échappe pas à la règle puisque le périple mené par Bill Murray pour retrouver ses ex sera émancipé par une ritournelle jazzy des années 70.
Aucun commentaire sur cet article. Soyez le premier à réagir !
Ce service est réservé aux membres du Club Cityvox.
Merci de vous connecter en utilisant le formulaire ci-dessous. Si non, inscrivez-vous cliquez ici


