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Buster Keaton

Comédien

Biographie de Buster Keaton

L'homme qui ne rit jamais

Poète comique, metteur en scène de génie et visionnaire burlesque, Buster Keaton a contribué aux lettres de noblesse du burlesque muet. Après avoir débuté très jeune sur les planches de théâtre, Keaton commence sa carrière de comique auprès d'un géant de l'époque Roscoe "Fatty" Arbuckle. Au bout de trois années passées avec Fatty, il finit par se démarquer pour s'accomplir  tout seul. C'est donc en 1920 que Keaton va construire une oeuvre burlesque à la fois poétique, décalée et très sensible. Pendant trois années, Keaton complète un personnage qu'il va ensuite décliner dans ses films : la série des Malec présente un personnage en totale inaptitude avec le monde qui l'entoure, non pourvu de bonnes volontés, tantôt gaffeur tantôt héros, le tout souvent malgré lui. Il est toujours amoureux d'une belle souvent aveugle de l'affection que lui porte le héros joué par Keaton.

Keaton est connu pour ses qualités de metteur en scène et de cascadeur hors pair. Ses histoires partent souvent de rien, d'une idée et, comme Chaplin, il est maître de toutes ses oeuvres. Très populaire, il signe des films (dès 1924) comme Sherlock Jr, Les Trois Ages, La croisière du Navigator ou Go West. Beaucoup de critiques considèrent Le Mécano de la « General » (1927) comme son chef-d'oeuvre. Malheureusement, c'est l'arrivée du parlant et une totale remise en question des stars du muet. Keaton signe encore quelques films remarquables (Cadet d'eau douce notamment) puis décroche un contrat avec la MGM. C'est le début de la fin pour le génie que l'on surnomme "L'homme qui ne rit jamais".

Peu à peu, Keaton perd le contrôle artistique de ses films. De cette période ombrageuse, Keaton sauve toutefois La Caméraman et Le Figurant, ses deux derniers chef-d'oeuvres de l'ère muette. Dès lors, Keaton est un pantin qui n'a plus de droit de regard sur les films qu'il joue. On lui affuble par la suite Jimmy Durante, un partenaire qui prend énormément de place et peu de subtilité par rapport au jeu de Keaton qui se base sur une neutralité faciale proche du stoicisme. Désespéré, Keaton, même si ses films sont de gros succès commerciaux, sombre dans l'alcoolisme. Il faudra attendre les années 50 pour qu'un autre génie comme Chaplin l'intègre dans Les Feux de la rampe pour un duo inoubliable au piano-violon. Samuel Beckett l'engagera par la suite dans Film (1965). Il meurt l'année suivante.

Buster Keaton est considéré, avec Charlie Chaplin, comme le plus grand génie comique de tous les temps.