DJANGO REINHARDT : SA BIOGRAPHIE
La guitare comme alliée
Virtuose inimitable, improvisateur intarissable et doué du sens du swing, Django Reinhardt est devenu un mythe. Sa musique est le résultat de la rencontre de l'héritage tsigane et du jazz des années 30 à 50.
Jean-Baptiste Reinhardt, dit Django, voit le jour le 23 janvier 1910 dans une roulotte en Belgique.
Ses parents traversent l'Europe pour s'établir à Paris, dans les zones mal famées de la banlieue. Il n'a que dix ans lorsqu'il touche pour la première fois à un instrument: c'est par le banjo qu'il fait ses premiers pas. Autodidacte acharné, illettré, il sait que c'est par la musique qu'il va acquérir sa liberté. A 13 ans, il a dompté l'instrument aussi bien que le violon et acquiert une solide réputation de guitariste. A 18 ans, Django enregistre un premier disque et se retrouve invité par le chef d'orchestre Jack Hylton pour partir en tournée. Malheureusement, un incendie ravage la roulotte dans laquelle il vit avec sa femme: sa main droite et sa jambe gauche sont sévèrement brûlées.
C'est le début d'un long séjour à l'hôpital: après la perte de ses deux doigts, les médecins prédisent qu'il ne pourra plus jouer de musique. Mais Django s'accroche et, au bout de six mois d'acharnement, il joue à nouveau de la guitare et témoigne d'une méthode très personnelle. Cette méthode va faire la "marque" de Django: deux doigts et cordes pinçées, avec la rythmique manouche que l'on sait.
On est à l'aube des années 30 et le jazz explose avec Duke Ellington ou Louis Amstrong. La guitare y a une grande place. Fortement attiré par le jazz, et l'esprit de liberté qui y règne, Django rencontre Stéphane Grapelli, un violoniste hors pair qui intègre aussi bien la culture tzigane que celle du jazz. En 1934, tous les deux fondent "le Quintette du Hot club de France". Ils partent en tournée aux côtés de Coleman Hawkins jusqu'à l'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale. Les deux musiciens se séparent et Reinhardt retourne en France, où il épouse sa seconde femme.
Après la libération, attiré cette fois-ci par le be-bop, Reinhardt souhaite rencontrer Dizzy Gillespie et Charlie Parker et part aux Etats-Unis. A New York, il y rencontre Duke Ellington qui l'engage en tant que guitariste. Mais la tournée ne correspond pas aux attentes de Reinhardt qui se retire, pour un temps, de la scène. En 1951, il renoue de manière plus directe, et plus inspirée que jamais, avec la scène en jouant avec les meilleurs be-bopers français. Son jeu de guitare est toujours reversant, au sens propre comme au figuré. En 1953, Eddie Barclay décide d'engager le musicien pour huit titres dont "Nuages".
Il meurt la même année d'une hémorragie cérébrale. Virtuose de la guitare, Django Reinhardt a influencé des générations de guitaristes (de Jimi Hendrix à Bireli Lagrène jusqu'à Sansévérino). Il laisse derrière lui un répertoire instrumental riche de plus de 100 titres, qui témoigne non seulement de sa virtuosité d'artiste et de musicien, mauis aussi d'un élan de liberté à la fois proche et impalpable.
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