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Tiken Jah Fakoly

Musicien

Biographie de Tiken Jah Fakoly

African Rasta

Digne successeur d'Alpha Blondy et nouveau porte-parole de la jeunesse ivoirienne. Ses chansons sont une véritable bouffée d'air frais pour le reggae grâce à un son brut, des textes qui affichent sa conscience politique et font de ses chansons des manifestes contestataires qui se teintent de poésie, le rapprochant ainsi des griots.

Il y a cinq ans Tiken Jah Fakoly vivait encore à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, son pays. A cette époque, il y faisait même construire une maison dans son quartier de Yopougon. En l’espace de quelques années, cet artiste dioula originaire du nord avait exaucé son rêve le plus cher : devenir une star du reggae africain.

Avec ses albums Mangercratie (1996), Cours d’Histoire (1999), Le Caméléon (2000), Françafrique (2002) et Coup de Gueule (2004), il démêlait l’écheveau d’une réalité politique et sociale confuse à l’aide d’un langage simple et direct. Ses cibles étaient précises et il n’en ratait aucune : les politiciens qui attisent la haine ethnique, s’étonnant ensuite qu’il y ait des massacres, ceux qui font leur beurre avec le système "françafrique", où trafics et délits d’initiés sont monnaie courante, au détriment du reste de la population qui crève la dalle ainsi que ceux qui pratiquent la corruption à tout va.

Sa pertinence, son audace, son acharnement lui permirent de gravir rapidement les échelons de la notoriété, chez lui en Côte d’Ivoire mais aussi dans le reste de l’Afrique francophone où il occupe désormais une place prépondérante. En France, ses albums Françafrique et Coup de Gueule ont été certifiés disques d’or et en 2003, il obtient une Victoire de la Musique. Mais cette popularité lui a valu également de terribles inimitiés et en 2002, alors que la situation se dégrade dans tout le pays, qu’à Abidjan et ailleurs une chasse aux "étrangers" (souvent de simples citoyens ivoiriens dioulas) s’organise, Tiken doit se résoudre à l’exil. Sa vie en dépend. Il s’installe à Bamako, au Mali, terre dont ses ancêtres mandingues sont originaires.

L’Africain est le titre de nouvel opus qui contient toujours cette espoir de voir la paix un jour en Afrique.  Aujourd’hui son pays tente de se reconstruire après avoir failli basculer dans la guerre civile. Chantée avec son compatriote Beta Simon, Ma Côte d’Ivoire est ainsi un message de réconciliation, un pont jeté entre deux camps, deux ethnies, deux douleurs. Elle résonne comme une promesse de retour et d’unité, un acte de foi dans l’avenir. Engagé, enragé, le chanteur revient en 2010 avec un disque au titre évocateur : African Revolution.