Comédie de Molière arrangée en opéra comique par Jules Barbier et Michel Carré
Molière reste le maître du jeu. La convention que constitue l’alternance du parlé et du chanté propre au genre de l’opéra-comique trouve ici sa parfaite justification : la partie parlée reproduit le texte original de la pièce créée en 1666 ; seules les parties chantées sont écrites par les librettistes Barbier et Carré qui imitent avec assez d’habileté la manière de Molière.
En 1923, Erik Satie composera des récitatifs pour que l’œuvre soit chantée de bout en bout, ce qui n’est pas sans présenter l’inconvénient de modifier l’unité de la version originale où comédie et musique se répondent en un parfait ajustement.
La dédicace de la partition dit assez ce qu’elle doit aussi au contexte du Second Empire. Gounod l’adresse "à son Altesse impériale Madame la princesse Mathilde" son amie et protectrice, cousine de Napoléon III, surnommée "Notre-Dame des Arts" pour le soutien éclairé qu’elle apporta aux artistes qui aspiraient à s’exprimer de façon novatrice et libre sous un régime séduit par l’académisme pompeux. L’éditeur Colombier publia en 1858 Le Médecin malgré lui sous trois formes : la réduction pour chant et piano, les morceaux de chant séparés et le matériel d’orchestre en parties séparées. A cet ensemble, il faut ajouter l’impression du livret par l’éditeur Michel Lévy.
La production de la Fondation Royaumont est fidèle à ces sources originales.
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