Chercher par date :

Artistes Ville Salle Festivals



Requiem de Verdi


Voir la fiche de Giuseppe Verdi, Bruno Aprea, Elisabetta Fiorillo, Antonio Gandia, Hasmik Papian, Marco Vinco, Choeur De L'Opéra De Toulon, Orchestre De L'Opéra De Toulon Provence Méditerranée

REQUIEM DE VERDI : PRÉSENTATION

Le 22 mai 1873 meurt l'écrivain Alessandro Manzoni, porte-flambeau du romantisme italien. Profondément affecté par la mort de celui qu'il vénère, Verdi n'a pas le coeur d'assister aux funérailles. Dès le lendemain il écrit à son éditeur, Giulio Ricordi, et sous le sceau du secret : «Je viendrai sous peu me recueillir sur sa tombe, seul et sans être vu, et peut-être (après plus ample réflexion et après avoir pesé mes forces) proposer quelque chose pour honorer sa mémoire».

Le soir des funérailles, le 29 mai, il confie sa douleur à la comtesse Maffei : «Je n'étais pas présent, mais peu de gens auront été ce matin plus tristes et plus émus que moi. Maintenant tout est fini! Et avec lui finit la plus pure, la plus sainte, la plus haute de nos gloires !». Verdi propose début juin, au maire de Milan, le comte Giulio Belinzaghi, de faire exécuter sa Messe, déjà bien avancée puisqu'il a développé depuis 1871 le «Libera me» composé pour Rossini, à l'occasion de cérémonies solennelles qui commémoreront le premier anniversaire de la disparition du poète. L'idée est acceptée.

Verdi choisit pour solistes féminines ses deux amies fidèles, les Autrichiennes Teresa Stolz et Maria Waldmann, les créatrices d'Aïda et d'Amnéris. Le ténor Giuseppe Capponi et la basse Ormondo Maini compléteront le quatuor vocal. La partition est remise le 10 avril à l'éditeur Ricordi, et Verdi crée lui-même l'oeuvre le 22 mai 1874 en l'église San Marco de Milan, devant un parterre d'invités de marque, italiens et étrangers. Le triomphe est immense. Seul Hans von Bülow, ennemi de longue date de Verdi, jette son fiel sur la Messe avant même d'en avoir pris connaissance. (En avril 1892, Bülow fera amende honorable, s'accusant d'avoir fait preuve en 1874 de cécité, de bestialité journalistique, de fanatisme wagnérien, et se déclarant touché par la grâce et ému jusqu'aux larmes malgré une exécution assez médiocre du Requiem).
Verdi dirige de nouveau le Requiem à la Scala le 25 mai 1874 et les deux soirs suivants, il passe la baguette à Franco Faccio dans le temple du bel canto, avant de partir avec son oeuvre et ses solistes à l'assaut de l'Europe. C'est Paris, tout d'abord, et l'Opéra-Comique, pour sept concerts en juin dirigés par le compositeur. Le succès est si considérable que Camille Du Locle, librettiste de Don Carlos, et Escudier, éditeur parisien de Verdi, le persuadent de revenir l'année suivante pour huit concerts. Il y en aura sept autres en 1876, au Théâtre des Italiens cette fois (du 19 avril au 4 mai). Cela vaut à Verdi d'être fait commandeur de la Légion d'Honneur. Le Requiem est aussi présenté au Royal Albert Hall de Londres (15 mai) avec mille deux cents choristes, puis à Cologne et à Vienne (11 juin), au Théâtre de la Cour -Verdi reçoit cette fois l'Ordre de François-Joseph. A Londres et à Vienne, l'accueil de la critique est mitigé. Mais l'enthousiasme du public est sans équivoque. En 1879, Verdi dirige à nouveau le Requiem à Milan, au profit des victimes de l'inondation du Pô.

Le succès international du Requiem n'est pas le fait du hasard. Sans aucun doute, Verdi y a égalé ses plus beaux chefs-d'oeuvre pour le théâtre. Il a voulu une messe grandiose, et l'a créée lui-même avec cent musiciens et cent vingt choristes. Sur le papier, déjà, l'effectif est imposant : quatre solistes (soprano, mezzo-soprano, ténor, basse), choeur mixte et grand orchestre (avec, entre autres, quatre bassons, quatre trompettes, trois trombones et un ophicléide).

Contrairement aux opéras, le Requiem ne pouvait compter sur l'aide d'une intrigue pour s'assurer une cohérence. Verdi y remédie principalement par le jeu des thèmes. Hormis la réapparition des premières mesures de l'Introït et de la première section de la Séquence «Dies irae» dans le final, justifiée par les similitudes de textes, il n'y a pas de redites musicales entre les différents mouvements.

Tout afficher
Historique de navigation